Des pensées qui filent. Des envies qui passent. Tête trop pleine ou complètement vide. Vouloir se l'exploser contre un mur ou simplement sourire à la vie. Vouloir tout quitter, se coucher en pleurant pour que ça cesse. Puis relever la tête. Et se dire que ce pourrait être pire. Bien pire.
Ne plus savoir ce que l'on veut. Vaut-il mieux partir ou rester ? Si je pars, est-ce une fuite ? Fuir fait-il de moi une lâche ? Je ne veux pas être lâche mais c'est parfois tellement dur de continuer. De se battre. D'être quelqu'un, ou moi tout simplement. De vivre.
Il y a toujours les mêmes interrogations, les mêmes attentes et la même déception, teintée de désappointement. S'endormir chaque soir avec les mêmes rêves en espérant. alors même qu'on les sait irréalisables. Et se réveiller chaque matin sans que rien n'ai changé. Etre une grande enfant désabusée. N'est-ce pas tristement amusant ? Etre dégoûté du monde avant même de l'avoir découvert.
Pourquoi les bébés pleurent-ils à leur naissance à votre avis ? C'est juste qu'ils ne veulent pas venir ici. Ils ont déjà idée de l'horreur qui les attends. ils savent mais ils ne peuvent absolument rien faire, impuissants. alors ils pleurent. Ils crient à en percer les tympans.
Puis en grandissant on apprend à se résigner. On finit par se dire qu'il doit bien y avoir quelque chose de beau; On se trouve une raison d'être là et de se raccrocher à tout ça; On se dit qu'on peut changer le monde pour que les bébés sourient à leur naissance. Mais tout ça c'est du vent. Du pipeau. Y'a rien.
Mais quelle fascinante absurdité de l'esprit humain... Et en même temps si logique. Paradoxal. Cette question que l'on se pose tous sans pouvoir y répondre.
Que faisons-nous ici ?
©