Les cours sont finis. Voilà les derniers éclats de rire avec les amis puis on se sépare et chacun rentre chez lui.
Elle monte dans le bus et s'enferme dans la bulle de musique de ses écouteurs.
Arrivée chez elle, elle va s'écrouler directement dans son lit et soupire. La journée est enfin terminée. Comme presque tous les jours, elle se sent soulagée. Elle décroche son sourire et démaquille les faux-semblants. Fini les masques pour aujourd'hui. Elle peut enfin se laisser aller dans le cocon protecteur de sa chambre. Plus de conversations à endurer, plus de sourires forcés, plus besoin d'être sociable, plus de ronds de jambes, plus de groupes. Juste elle et elle seule.
Chaque journée l'épuise un peu plus et p'têt qu'un matin elle n'aura plus la force de se lever. Même si chaque soir elle se ressource. Libérant sa mauvaise humeur, sa tristesse et son ennui.
Elle fume une cigarette à sa fenêtre, les yeux dans le vague. De la musique se déverse des hauts-parleurs de son ordinateur. Elle balance la tête en rythme comme si elle était en transe. sa tête fourmille peut-être d'idées noires mais c'est pourtant à ce moment là qu'elle parait le plus vivante. Dans son pantalon de pyjama, son T-shirt trop grand, ses cheveux décoiffés et ses cernes trop visibles. Elle n'est plus une poupée de papier glacé aux yeux trop maquillés et à l'air détaché. Froid. Ses sentiments sont enfin visibles, lisibles sur son visage fatigué.
Elle voudrait rester là à jamais. dans cette pièce hors du temps. Loin du monde parce qu'elle est dans le sien. Là où elle n'a plus répondre aux attentes de quiconque. Là où elle n'a plus besoin de s'adapter puisqu'elle est à sa place. Là où elle est elle-même et rien de plus ou de moins. Là où elle peut rêver sans être dérangée et où elle peut laisser libre court à ses envies. Là où toutes les obligations disparaissent. Il n'y a plus rien qui existe à part elle. Tout le reste lui semble aussi tangible que les rêves.
Elle éteint son portable pour que la réalité ne revienne pas la titiller et part en voyage dans le monde le plus merveilleux qui soit. Celui de l'imagination.
Un livre entre les mains, toutes les limites disparaissent et elle s’immerge dans les mots.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~