Certains peuvent dire de moi que je suis une dépravée. Je ne dirais pas le contraire.
Déjà parce que ça plait à mon goût de la provoc’.
Ensuite parce que dans dépravée il y a épave. Et c’est bien ce que je suis.
Vous voyez ce que c’est une épave ? Ces trucs rouillés, déglingués, mangés par ce qui les entoure. Ce peut être des voitures, des trains, des bateaux…
Moi je suis une épave humaine.
Comme un moteur qui ne peut plus tourner, mon cœur ne peut plus ressentir. Comme ces cadavres d’objets emplis de déchets mon corps est une poubelle que j’ai salopée. Alcool. Drogues. Tabac. Il est profondément encrassé et ne pourra bientôt plus marcher.
Je me suis faite bouffer par le monde, dévorée par la société.
Et comme ces ruines, je suis vide. Il n’y a plus rien que des morceaux de chair, d’os, de tendons. L’âme est partie. La vie n’y est plus. Juste une épave abandonnée. Mise au rebut car trop encombrante.
Alors appelez-moi dépravée si vous le voulez, vous ne serez jamais aussi proche de la vérité.
©
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~