Un coup sec et rapide. Une fine coupure, le sang coule, imbibe le mouchoir, et puis... Rien. Rien, pas le moindre élancement ! Même le cutter ne parvient plus à effacer ma douleur... Elle persiste toujours quoique je fasse.
J'ai beau couper, inciser, mutiler en tous sens et en toute manière que je veux, le résultat et le même : des cicatrices striant mon bras de part en part sans autre conséquences que ces marques disgracieuses. Elles sont innombrables. Et le pire, c'est qu'elles ne servent à rien à part me rappeler mes pires faiblesses. Elles ne m'offrent aucune douleur sur laquelle me fixer pour oublier, pour penser à autre chose que le brouhaha mental qui me malmène sans cesse.
La lame a tant de fois tranchée, mordue dans cette chair qu'elle en est devenue insensible. Je ne vois que le sang perler petit à petit et parfois une légère douleur lancinante apparaît enfin... Mais rien de plus, rien de suffisamment fort ! Ça m'énerve putain ! Je ne sais plus quoi faire...
C'est comme foncer dans un mur sans arrêt. Ou comme tourner en rond dans un labyrinthe et arriver en courant toujours dans la même impasse, dans le même cul-de-sac alors que l'on pensait avoir trouvé la sortie. Pas d'échappatoires. On erre. Et plus le temps passe, plus l'errance est désespérée, passive, habituelle... On renonce à espérer, on se laisse aller et on meurt. C'est pareil. C'est ce que je ressens. On se lasse de tourner en rond, de toujours revenir au point de départ. Alors on s'arrête. On stoppe tout parce que c'est invivable. Parce qu'on n'a plus la force, plus l'envie de continuer, de se battre continuellement, de SURvivre tout simplement.
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