- Tu vas claquer chérie.
- C'est quand on a les deux pieds au-dessus de la falaise qu'on apprend à reculer.
- Encore cette théorie de merde ? T'en n'as pas marre de sortir toujours les mêmes conneries.
- C'est pas des conneries.
- Tu sais très bien que si alors arrêtes putain. T'essaies de prouver quoi à qui ?
- J'essaie de me prouver à moi-même que je veux pas crever.
- Pourquoi tu peux pas faire comme tout le monde et simplement vivre ?
- La plupart des gens se contentent d'exister.
- Mais bordel t'es pas possible ! Wilde, sérieusement ?
- Pourquoi pas ?
- Mais parce que ! Tu peux pas passer ton temps à te réfugier derrière tes citations à la con !
- C'est pas des citations à la con ! Sinon je les retiendrais pas.
- Arrête de jouer sur les mots, tu sais très bien ce que je veux dire.
- Ouais. Je sais.
- ...
- ...
- Et c'est tout ? Tu sais ?
- Oui. Tu veux m'entendre dire quoi au juste ?
- Mais j'en sais rien bordel ! Je veux juste que t'arrêtes tout ça, que tu passes à autre chose, que t'avances, je sais pas moi. Tu vas pas continuer à stagner dans cette semi-vie éternellement quand même ?
- Qu'est-ce qui te gênes tant dans le fait que je sois comme ça ?
- Mais t'es pas comme ça ! Voilà ce qui me gêne. Tu te réfugies dans ce cocon de désespoir et de perdition pour des raisons qui n'ont pas lieu d'être. Tu t'empêches de vivre alors que t'en crèves d'envie. Tu rêves que de ça, croquer la vie à pleine dents alors pourquoi tu le fais pas ? Pourquoi tu continues de refuser cette aventure qui te tends les bras, qui ne demande que toi ? Pourquoi tu t'infliges cette douleur incessante ? Tu rends les gens tristes autour de toi à être comme ça. T'es foutrement et cruellement égoïste. Y'a que toi qui importe, y'a que toi ta douleur qui importe. Tu t'en fous des autres. C'est dégueulasse. Tu te plains que personne comprend mais y'a rien à comprendre, c'est à toi de sortir de ce fonctionnement pourri. Y'a personne qui peut te forcer. Y'a personne qui va te sauver miraculeusement alors bouge toi le cul putain. Lèves-toi, mange, ris, souris, sympathise, ouvre-toi aux autres, au monde, à la vie. Accroche l'attention des gens parce que tu vas bien, pas parce que t'agonises. C'est malsain. Donne leur envie d'être avec toi parce que t'es heureuse pas parce qu'ils auront peur que tu sautes d'un pont chaque fois qu'ils tournent le dos. Arrête de faire vivre les gens dans la peur d'un drame. Arrête de jouer les suicidaire instable parce que finalement t'aimes cette attention de tous les instants. Parce que cette sollicitude qui soi-disant te gonfle, dont tu veux soi-disant pas, tu sais plus t'en passer. Pourquoi t'as toujours l'impression de devoir te mettre en danger pour que les gens s'intéressent à toi ? Pourquoi ce besoin de tension dramatique ? Pourquoi cette soif de faire peur ? Ça te donne l'impression d'exister ? Mais bordel, t'as pas besoin de ça ! Les gens aimeraient deux fois plus traîner avec toi s'ils avaient pas l'impression que tu vas leur claquer entre les doigts à tout moment. Personne aime les mourants, c'est déprimant. Et tu sais très bien être joyeuse, adorable, souriante, heureuse, drôle, aimable, mignonne alors sois le. Tu verras ça sera bien mieux. Réconcilie-toi avec toi-même sunshine. Tu en vaux la peine, tu verras. Je t'assure que tu ne le regretteras pas. Mis tout ça tu le sais déjà, alors s'il te plait, va. Je sais que c'est dur, je sais que t'as peur. T'as peur de perdre mais personne n'est plus gagnant contre la vie qu'en la vivant. Tu veux lui dire Fuck ? Vis la tellement pleinement que t'en deviendras la définition. Vis tellement que la mort aura peur de s'approcher. Tu ne me perdras pas en faisant ça. Au contraire. Tu penses que mourir te permettra de me retrouver et d'une certaine manière ce sera le cas mais je t'en voudrais tellement p'tite sœur que tu le regretteras bien vite. Je te menace pas mais je sais plus quoi dire pour qu'enfin t'écoutes. Je veille sur toi tous les jours, toutes les minutes, toutes les secondes mais tu me facilites vraiment pas la tâche. Je sais que tu me cherches en faisant tout ça, que tu veux t'assurer que je suis bien là mais c'est pas comme ça qu'il faut faire. Je te laisserais jamais tomber et tu le sais alors arrêtes de me pousser à bout. J'ai pas pu être vraiment là et je suis désolé mais putain t'abuses ! Moi aussi je veux te serrer dans mes bras comme avant mais je veux pas le faire maintenant. C'est trop tôt. Parce que quand on se retrouvera, et on le fera t'en fais donc pas pour ça, je veux que t'ais mille histoires plus passionnantes et réjouissantes les unes que les autres à me raconter, que t'ais un million d'aventures que tu veux me dire avec des yeux qui pétillent de joie. Je veux pas que tu reviennes sous forme de sac d'os et des valises sous les yeux, un sourire désespéré aux lèvres et trois millions d'histoires glauques, glaçantes et déprimantes. Je veux pas entendre tes joies à frôler la mort, les overdoses mal gérées, les jours et les semaines le ventre vide, les nuits à pleurer ou à hurler et les années de solitude. Tu crois quoi en faisant ça ? Me faire culpabiliser suffisamment pour que quoi ? Evidemment que je culpabilise mais m'enfoncer une épée dans le cœur dès que possible n'aidera pas. Tu es malheureuse et parce que tu l'es, je le suis. Rends-nous heureux. S'il te plait. Y'a pas de retour en arrière possible pour nous mais pour toi y'a encore une chance. Tu te dois de la saisir. Pour nous, si c'est ce qui te permet de le faire. Si t'as besoin de te dire que ce que tu fais est pour nous alors fais le, utilise le pour être heureuse. Pense autant que tu veux "Pour nous". Vis pour nous deux au lieu de nous faire mourir. Parce que moi j'en ai marre d'avoir mal pour deux. Ouais, tu m'as bien entendu. J'ai mal pour deux. Je souffre de te voir comme ça comme tu peux pas imaginer parce que tout ce que je peux faire c'est parler en espérant que t'écoutes. Mais t'es tellement têtue putain, tu fais la sourde oreille depuis tellement de temps, tu veux tellement pas avoir tord que tu te justifies toi-même absurdement. Tu m'en veux ? Moi aussi. Tu me fous en rogne. T'as la chance de vivre, d'avoir une famille, des amis, de pouvoir vivre des expériences, de pouvoir tomber amoureuse, d'être là et t'en profites même pas. Ça m'dégoûte. Tu fous tout ça à la benne mais rends-toi compte que c'est un double gâchis tout ça. Ouvre les yeux bordel. Réveille-toi. ©
