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Just Insane

    Couloirs blancs, lumière crue. Portes vitrées, portes fermées. Echos de solitude qui résonnent sans fin. La folie suinte des murs à la peinture écaillée. Pleurs et cris sont les seuls bruits. Supplications désespérées, bruit sourd des portes que l'on frappe quand le verrou grince.

 

    Patients hagards aux yeux brillants d'une lueur instable malgré leur regard vide. Ils déambulent dans leur blouses blanches tels des fantômes et les gémissements qui sortent de leur bouche sont leurs seules paroles. Leur désespoir empli les lieux et rend l'air palpable, écrasant. On ne peut plus que se traîner et demander grâce dans cette atmosphère oppressante. Des corps décharnés aux âmes mutilées et à l'esprit délabré. Ils ont perdu leur dignité, on leur a volé leur humanité. Ils ne sont plus des personnes mais des problèmes et des cas à traiter. Personnalités envolées, réduis à leur défaillance mentale ils n'existent plus. Des diagnostics vide de sens et des médicaments par milliers. On leur dit que ces traitements sont vitaux, au moins autant que l'eau, et ils finissent par ne vivre que pour ces pilules colorées. Ils sont comme des enfants déracinés dans un microcosme fermé. Les seules expériences qu'ils connaissent sont celles des médecins, ils sont devenus des rats de laboratoire. Ils sont des prisonniers dont même l'esprit ne peut s'échapper. Si près de trépasser.

 

    Piqûres, pilules et injections sont les seuls aliments. Et les camisoles pendent des lits, menaçantes , dans ce décor crasse. Courette à ciel ouvert, sol de pierre, seul lien avec l'extérieur. Violence, rage, colère, désespoir sont les seuls sentiments que l'on peut ressentir dans ce bâtiment glauque. La fuite devient notre seul objectif. Fuir ou mourir. Des barreaux aux fenêtres pour les empêcher de sauter mais ils finissent par ne plus pouvoir respirer dans cet air vicié qui les enveloppe dans des courants d'air moites. Cette atmosphère morbide leur colle à la peau.

 

    Une infirmière sort, on court s'écraser contre la porte déjà refermée. Infranchissable. Frustré on pleure et on hurle et on suffoque et on s'arrache les cheveux. La bave aux lèvres voilà la crise qui commence et nous prive de tout nos moyens. Impuissant on se retrouve aux bras des infirmières qui nous ramène à notre chambre, si semblable à une cellule. Des pilules pour qu'on se calme et notre esprit se vide. Drogués aux médocs pour voir la vie en rose dans ce milieu d'une aliénante tristesse.

 

    Aliénés de l'existence dans ce centre psychiatrique. Le suicide y devient un hommage à la vie. Et les fenêtres crasseuses sont les seuls témoins de ce monde qui ne tourne pas rond.

 ©

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Just Insane

 

 

 

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